Le Codex Ensbituric Inetorum enfin exposé

Le Codex Ensbituric Inetorum exposé pour la première fois dans la salle des Actes de notre chère Ubu Library est un document unique qu’aucune expulsion ne viendra empêcher « malgré les erreurs récentes », précise Mme L’Ill Strasburgis, co-commissaire de l’exposition et qui s’est installé à Alberonne pour l’occasion. Ce chef-d’oeuvre raconte en effet sur plus de 347 mètres la rencontre et le dialogue difficile entre les deux figures tutélaires de la bibliothéconomie universelle, Linette Parltreau et Tomas Eloy Lensbi.

D’après les spécialistes de cette période archaïque, la rencontre aurait eu lieu en – 565 (ou encore 138 Before Dewey selon le calendrier réformé) et a initié ce que Michéa Elliade a qualifié autrefois de « grand schisme des Deux Évangiles ». Fier de cette exposition inaugurée en grandes pompes il y a peu, M. Saba précise : « cette grande séparation a plongé le monde des bibliothèques dans une guerre froide dont nous ne sommes pas encore tout à fait sortis, un peu comme une conférence de l’ILFA qui aurait mal tourné ».

Il faut reprendre cette histoire à son origine pour l’édification de nos plus jeunes bibliothécaires. Les phrases en araméen qui ouvrent le Codex ne laissent planer aucun doute sur le lit de ce torrent impétueux qu’est la Genèse bibliothéconomique : « Au commencement était le Verbe, puis vint le Livre. Mais comme le Livre, seul, était triste, Dieu a créé l’usager à son image, tiré d’une cote 900, muni d’un dos au cuir tanné et d’une armature à l’italienne, et parfois aussi d’un chapeau bizarre. Et c’est alors que tout a foiré ».

Pour Mme L’Ill-Strasburgis qui connait bien son affaire depuis 30 ans qu’elle étudie le Codex, la suite dit en substance : « Les eaux de la Mer Rouge se sont séparées brutalement et les Tables de l’Aloi ont été brisées en 2, l’une disant « Si tu veux sauver un lecteur, brûle un livre » tandis que l’autre proclamait : « pour sauver un livre, brûle un lecteur ». De là Linette Parltreau a pris avec elle une partie de la descendance des noces primitives, traversant déserts et franchissant montagnes vers le nord… ».

N’y tenant plus, Mme Chansignon reprend la parole pour livrer son corollaire dans la fameuse querelle des Lensbigeois : « Tomas Eloy Lensbi a fondé son école au sud ».

« Et la suite nous la connaissons tous », soupire-t-elle, l’oeil nostalgique à l’évocation de cet âge d’or révolu.

A quand le rapprochement qui rendra à nos deux nations le sentiment d’une communauté bibliothéconomique? Quel atelier d’idéation fera tomber le mur de la honte? Quel bibliothécaire mobile jouera le go-bibtween entre ces autorités déchirées?

C’est tout l’espoir qui nous habite à l’heure où le soleil se couche sur Alberonne. Mme L’Ill Strasburgis prend la main de M. Saba, la longue file de visiteurs de l’exposition s’étire loin devant la bibliothèque.

À notre tour, nous nous prenons à rêver : un autre monde serait-il vraiment possible?

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