L’approche jivaro de l’UX : pour une réduction de la prise de tête

Volontairement très discret depuis sa victoire éclatante et pourtant très discutée lors du dernier Tour de France  M. Indiana, notre second bibliothécaire mobile n’est pas resté inactif pour autant.

En effet, ayant fait valoir ses droits à CCDF (congé de conservateur détachable en formation), notre très estimé collègue a mené une entreprise ambitieuse et longuement mûrie durant son séjour dans les Fablabs d’Alberonne. « Sungun Tukuy Sachakunawan », a-t-il chantonné en installant de nouveaux post-its assortis à sa collection de plumes d’aras du Haut-Orénoque. « En quechua ça veut dire ‘avec le cœur de toutes les forêts’, et ça résume assez bien l’esprit de la démarche ‘advocacy & literacy sont dans la même pirogue’ pour laquelle on m’a accordé ce congé formation ».  Mme Chansignon confirme que les fonds débloqués avaient pour objectif d’opérer un renversement complet de l’approche UX en y intégrant une dimension « peuples premiers » qui avait fait défaut jusque-là, parfois dangereusement d’ailleurs. Notre intrépide aventurier complète : « L’idée m’est venue peu de temps après mon installation chez les Ashuars {les jivaros ndlr} au nord du Pérou, quand un chaman totalement incrédule après avoir flashé le QR code de ma tente Quechua m’a initié aux cosmogonies les plus folles lors d’une cérémonie avec prise de leur potion magique à base d’ayahuasca. Un truc de dingue ! », conclut-il avec un bel enthousiasme. Pour reprendre aussitôt « Ce que m’a montré mon totem d’homme-jaguar est très clair : la grande allée de la BU centrale est comme l’arbre géant qui reliait la terre et le ciel et qu’un dieu paresseux a fait abattre pour donner le fleuve amazone en libre accès, avec toutes ses branches-affluents qui vont vers les banques d’accueil de chaque département ! ».

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Un cadre de formation qui rappelle celui de l’Enssbi

Mme Chansignon quelque peu inquiète de l’exaltation de son personnel prodigue précise toutefois le lien avec l’approche UX : « Ce que veut dire M. Indiana, c’est qu’il faut mettre tous les agents de notre SCD en situation d’étrangeté radicale ; c’est pourquoi, conformément à notre politique « Tout à 10 » (Pour chaque € investi dans la formation sont 10€ réinvestis dans un projet innovant), la signalétique sera désormais exclusivement rédigée en quechua et doublée en ayamara pour que tous nos personnels expérimentent à leur tour le dépaysement total que représente la circulation dans nos allées pour les étudiants de L1 et L2 ». Un partenariat a été signé avec une firme locale pour que toutes les bornes d’accueil soient abritées sous des tentes Quechua. Ce bel hommage aux cultures chamaniques injustement délaissées dans bien des SCD, y compris en Alberonne fera très certainement école.

En marge de ce dossier prometteur, Mme Chansignon encore émue de la très récente journée d’étude sur la sensualité des bibliothèques, a tenu à nous montrer le certificat attestant que l’ayahuasca, cette plante dont la racine contient de puissants alcaloïdes capables de supplanter les injections de méthadonnées, fera bien l’objet d’une culture sous serre par le département CETOIPA (centre d’étude des toxicomanies et de l’intelligence des paradis artificiels).


9h25 – Nous apprenons par ailleurs que le célèbre anthropologue Philippe Rescola sera conseiller technique de toutes les démarches ethno-participantes que notre SCD mettra en oeuvre à l’avenir.

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