World Douchette Cup 2017 : le choc des titans

Un tout nouvel engouement du public et des médias a bouleversé hier le tournoi de Yolande Garros.

Ce qui était auparavant le paradis du has been en flanelle s’est en quelques heures transformé en plateforme d’innovation sportive, en scène internationale de l’audace, en vibrante manifestation de l’attachement du public français à ses bibliothèques.

Du tennis à la douchette il n’y a qu’un pas, l’évolution est logique, le constat indiscutable.

La loi et l’ordre

Rappelons les événements des dernières heures. À la suite d’un engouement inattendu pour la World Douchette Cup 2017, la ministre des sports, Christine Molki, a dû se résoudre à intervenir pour répondre à la demande populaire : le tournoi de Yolande Garros a été interdit hier, un état d’urgence a été décrété et le gouvernement travaille sur un projet de loi pour faire entrer l’interdiction du tennis dans le droit commun. « Ce sport est vraiment trop chiant à regarder » s’est insurgée la Ministre. « Il est temps d’assumer nos responsabilités, les jeunes attendent qu’on leur donne l’exemple. Pas de tennis, pas de tennis.». Le succès foudroyant de la douchette et la prise de conscience collective autour de l’effet délétère du tennis sont une opportunité, une nouvelle occasion de mobiliser les synergies. « Nous nous remettons en question, et encore une fois ce sont les bibliothécaires qui ont anticipé, qui sont les acteurs des bouleversements sociétaux et politiques de notre belle démocratie », a conclu Mme Molki.

Le Président René Coty n’a pu que se féliciter de cette intervention salutaire : « Vous n’avez pas le monopole du sport » a-t-il répondu aux tennisto-gauchistes qui tentaient dès hier soir de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une privation de liberté. « Notre sport est certes nul, mais nous sommes en démocratie, nous avons droit à la médiocrité, pilier du vivre-ensemble. Cette mainmise de la douchette est une victoire du système. Encore une fois, les bibliothécaires tirent les ficelles dans l’ombre », a déploré Richard Casquette, président de l’association « L’important, c’est de participer ». « Un beau nom de loser » aurait répondu le Président René Coty en off.

Après la douche froide, le sport

Ce matin, c’est donc sous un azur impeccable que s’est ouvert le championnat de douchettes in-8. Le village de Yolande Garros, déserté, a vite été réinvesti par les spectateurs enthousiastes. Parmi les raquettes brisées, les parasols abattus et les espoirs tennistiques abolis par notre si belle prérogative de puissance publique, jeunes et moins jeunes se sont retrouvés pour assister au premier match de la journée, riche en douchette, riche en émotions, riche en surprises. Les panamas abandonnés ont vite retrouvé des têtes à protéger. Mais on a aussi pu assister à l’apparition d’un nouveau style de chapeau qui fait du bruit, qui fait fureur, le so 2017 « Chapeau Silvère ». Merci qui ? Merci Mercier

M. Saba était donc aux premières loges afin de soutenir ce si beau sport qu’il a tant participé à promouvoir et pour soutenir son collègue Fabrice Monpère, le seul français qualifié cette année. Une présence qui confirme encore une fois le rôle moteur de la bibliothèque des Beaux Ubacs dans le paysage bibliothéconomique mondial.

M. Saba est sorti de sa réserve pour monter au filet de l’innovation bibliothéconomique. Son coup droit avait déjà suscité bien des vocations dans notre SCD, mais c’est le retour de son spationaute-partner, aka notre plus célèbre bibliothécaire undercover et mobile qui semble avoir propulsé le dernier étage de cette fusée qui couvait depuis longtemps. T. Pesquet se souvient : « C’est souvent sur la terre battue de nos courts réservés au personnel que se sont affinées les stratégies les plus audacieuses à Alberonne. Les colonies de hamster, c’était là! L’automatisation intégrale du circuit documentaire c’était là également! », tonne-t-il, ému.

Drokoritz : la voie royale

Le public surchauffé a pu admirer les grands champions Dokoritz et Naudais se livrer à la première confrontation du tournoi. De la sueur, du sang, des larmes : que du bonheur ! Drokoritz s’est imposé en emportant le break avec un superbe lifté sur peau de porc. Du grand art, les douchettes étaient au rendez-vous !

Monpère : Crime et châtiment

Quand Monpère (seul champion français qualifié) est entré en piste, le public s’est enflammé comme lorsque sa nouvelle norme de catalogage fut publiée. L’expert en Fatmarc (Monpère envisagerait d’ailleurs, selon nos sources, une reconversion sur le circuit international de Métadonnées, un sport aux limites de la légalité où tous les coups sont permis : rappelons pour mémoire que l’année dernière à la MMA Métadatas Massive Arena, un bibliothécaire japonais a perdu la vie en tentant d’appliquer les normes de catalogages de la BFN, un défi dont peu de professionnels sont revenus) est venu corser quelque peu des règles déjà labyrinthiques et offrir un jeu au bord de la folie.

Monpère a cru très tranquillement s’imposer avec un revers mythique sur maroquin défraichi. Mais un peu d’inattention lui a été fatal : sur un ace de son adversaire, il a lancé la douchette, ce qui lui a valu une disqualification immédiate. Un revers de la fortune qui a couté cher à notre français.

Un petit buffet à base de blanquette et de hareng pomme à l’huile froid est venu conclure cette très belle matinée.

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Le public a répondu présent, Porte d’Auteuil

L’art subtil de la douchette

Doucher, c’est presque un art, c’est une passion, un rythme de vie, une vocation. Et c’est à son style que l’on reconnaît un doucheur d’exception. On douche comme on aime, témoigne M. Saba : « On est un peu intimidé, un peu maladroit au début, mais peu à peu la confiance entre le bibliothécaire et la douchette se construit ». Mais la douchette, c’est avant tout un travail de tous les jours, un entrainement de longue haleine pour pouvoir, le jour J, donner son maximum sur la construction d’une politique de services.

La douchette, créée en 1910 par Pierre de Airéfidais, est un sport de douchettes qui oppose deux joueurs. Le but de ce jeu est de doucher un document de telle sorte qu’il reste dans les limites du terrain – nommé service public. Un jeu de puissance et de précision, un style statutaire qui nécessite un véritable positionnement de cadre, un sport d’impact et de synergies. La douchette, comme toutes les pratiques bibliothéconomiques se pratique en tenue dédiée, la chemisette spécifique, la chemisette MAUCHE, qui ne peut être achetée que dans des lieux très spécifiques connus des seuls bibliothécaires. Encore un secret qui crée le mystère jupitérien du professionnel de l’information.

Meuringue : Tandis que j’agonise

En seconde partie de journée, Jean Meuringue a offert un spectacle douloureux aux amateurs et aux douchettophiles. Le joueur surpuissant du tournoi à offert au public des services à plus de 200 km/h. Sur un ace de son adversaire il brise sa douchette, après avoir remplacé son matériel il se laisse emporter par sa puissance et son service termine sa course sur la ramasseuse de livre qui y laisse une pommette. Dans le cadre de la règlementation sur l’exemplarité du service public le joueur a été disqualifié à l’issu d’un conclave des sages de l’IBG. Le doyen a livré se commentaire « C’est pas aux vieux sages qu’on apprend à faire la grimace ».

Banal : le revers du doute et le service public

La final du tournoi se joue entre Banal et Drokoritz. Le soleil brille encore sur Yolande Garros, le public se lève aussi. Les cœurs sont échauffés comme les douchettes, les champions sont dans l’arène. Le jeu est fluide, les livres virevoltent, les douchettes douchent. Chaque seconde compte dans cet univers impitoyable. Le revers du doute de Banal et sa course à l’innovation lui permette de dominer son adversaire et de doucher tous ses espoirs. À l’ombre du Droko en pleur plus qu’un homme c’est le sport qui gagne : Banal est sacré champion de douchette.

Monsieur Saba a remis la douchette d’or, la plus belle et la plus solide, au bibliothécaire espagnol, encore à la recherche d’un établissement où exercer son art. Peut-être une résidence sportive aux Beaux Ubacs est-elle à l’étude ?

Rendez-vous l’année prochaine, à Yolande Garros et sur l’écran de vos postes de travail !

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