Elle saisit la Cour pénale internationale après avoir découvert des livres pilonnés par la bibliothèque

Nos ennuis avec la justice semblent ne pas vouloir connaître de fin. Myrtille G., étudiante en Géologie à l’UBU, a découvert hier après-midi trois bennes de pilon sur le parking de la BU Sciences. Alors que nos agents revenaient avec un dernier chargement de livres désherbés, elle a saisit trois ouvrages au hasard et s’est carapatée. Trois trésors  : Dieu et la science : Vers le métaréalisme des frères Bogdanov (1992), Ma vérité sur la planète de Claude Allègre (2007) et la 2e édition des Éléments de géologie de Pomerol (1965). Elle a aussitôt donné l’alerte, prévenant ses camarades et multipliant les posts désolés sur les réseaux sociaux.

L’affaire a alors pris une ampleur considérable. Une heure après la découverte, BFMTV était sur place et enchaînait les directs, les témoignages d’étudiants dévastés, et les tentatives de filmer les bibliothécaires à travers les vitres de leurs bureaux. La Gazette d’Alberonne est rapidement venu constater les dégâts et a pris une photo saisissante de l’étudiante, décoiffée et en pleurs, avec à la main, les trois livres qu’elle avait pu sauver d’une mort imminente. « Je vais les chérir, les lire et les relire, encore et encore, m’imprégner de leur savoir si riche, de leur substantifique moelle. J’appelle tous les étudiants à boycotter la bibliothèque. Pour ma part je me contenterai du livre de Claude Allègre pour valider mon UE de climatologie » a-t-elle alors déclaré.

Chez nos étudiants, c’est l’effroi et l’incompréhension qui domine. « Les bibliothécaires sont-ils vraiment compétents s’ils en viennent à jeter des livres à la poubelle ? A-t-on raison de leur faire confiance ? Qui sont ces gens en fait ? » s’interroge Flora, étudiante en L2 Biologie. Ludo, en master d’informatique, s’insurge : « C’est honteux, abominable, scandaleux, criminel même, de jeter tous ces livres. J’y ai trouvé par exemple le très actuel Windows 95 de D. Pillon qui aurait très bien pu intéresser des étudiants africains. Les bibliothécaires pensent-ils aux étudiants africains ? J’crois pas non ». Edouard, en L3 Mécanique surenchérit : « Les bibliothécaires n’y connaissent rien. Les africains seraient ravis de recevoir nos livres obsolètes et déchirés ».

Une affaire délicate, dont on se serait une nouvelle fois bien passé, et qui vient ruiner des mois d’advocacy. « Le désherbage est notre part sombre, inexplicable et insondable. Ce sont les ténèbres qui rôdent. C’est le désir de destruction et de mort qui sommeille en chacun de nous » a tenté d’expliquer maladroitement un collectif de bibliothécaires dans une tribune parue dans Le Monde ce matin, très mal reçue par le nouveau premier ministre, qui a déclaré : « Au jour d’aujourd’hui, il est tout bonnement impossible de voir de telles pratiques qui rappellent les heures les plus sombres de l’histoire européenne #autodafés1933 #Farenheit451 ». M. Saba a immédiatement dû présenter ses excuses : « Je ne sais pas ce qui leur est passé par la tête. Mais les responsables vont être trouvés et punis. Sévèrement punis ».

Myrtille a quoiqu’il en soit pris les devants et dores et déjà saisit la Cour pénale internationale pour « crime contre l’humanité et destruction de son patrimoine matériel et immatériel ». La plainte suit son cours, et devrait rapidement être instruite, le dossier Laurent Gbagbo n’étant plus considéré comme prioritaire. « Il y a des crimes qui en dépassent d’autres par leur portée et l’effroi qu’ils provoquent. La mise au pilon de 6 m2 de livres par les bibliothèques de l’UBU est l’un des forfaits les plus abominables qui m’ait été possible de connaître» a déclaré Fatou Bensouda, procureur générale de la CPI. Mme Chanssignon, notre directrice de SCD, encourt la prison à perpétuité et la « confiscation complète des profits, biens et avoirs tirés du crime », à savoir un gain de place dans les étagères et des collections aérées et actualisées.

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3 commentaires sur “Elle saisit la Cour pénale internationale après avoir découvert des livres pilonnés par la bibliothèque

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  1. A rapprocher de la plainte déposée par une étudiante en Droit public concernant le traitement indigne des périodiques morts.
    Sur la base d’une extension audacieuse de la portée de l’article 16-1-1 du code civil, elle souhaitait que les fascicules des titres morts soient enterrés dans un lieu approprié et que leur notice bibliographique soit transformée en nécrologie et conservée en leur mémoire dans le catalogue.

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  2. C’est terrible, même les éditeurs s’y mettent. Et, tenez-vous bien, ils empêchent les étudiants à l’âme sensible de secourir les ouvrages!

    Et ça se passe en Suisse en plus! Qui aurait pu soupçonner le pays des montres, des chocolats et des banques regorgeant d’or à la provenance parfois douteuse de commettre un tel crime?
    http://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/23706691

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