Les personas de l’UBU deviennent incontrôlables et sèment terreur et destruction en Alberonne

« De la peur, beaucoup de peur. J’ai tutoyé la mort. Je l’ai assise sur mes genoux. Et je l’ai trouvée amère. Et je l’ai injuriée ». Arthur R., étudiant en littérature, travaillait en bibliothèque Lettres et Langue jeudi dernier lorsqu’il a assisté au début de la révolte des personas qui a secoué notre campus pendant plus de 24h.

« Vers 19h, on a commencé à entendre des bruits, comme des coups de tambours, sourdre des bureaux des personnels. On a trouvé ça étrange, parce qu’à cette heure-là, il n’y a plus personne normalement, mise à part les moniteurs étudiants à l’accueil. Et soudain, la porte des bureaux a été soufflée, et ils ont déferlé en salle de lecture » se souvient-il.

Ils ? Des personas créés sans penser à mal, par le département des Services aux public, deux semaines plus tôt, dans le cadre d’un atelier d’idéation. « On avait donné jour à Clélia Batifole, étudiante en L3 littérature qui se destine aux métiers de l’enseignement ; à Sven Drak, serveur suédois dans un bar hipster d’Alberonne, qui reprend des études d’Italien pour son projet de food-truck à Palerme ; ou encore à Béatrice Ballerine, doctorante en littérature comparée, méconnaissant les logiciels de gestion bibliographique. On leur avait donné un visage, un caractère, des origines sociologiques précises, des forces et des faiblesses. On était sans doute allés trop loin » concède Mme Aussade, responsable du département.

D’ordinaire les personas sont mis sous clés, dans le coffre-fort de la bibliothèque. Mais Téophile, notre stagiaire de l’Enssbi, a travaillé dessus jusque fort tard et oublié de les remettre à leur place avant de partir, vers 17h. Deux heures plus tard, ils envahissaient la salle de lecture, renversant les étagères, retournant les tables et brûlant des pantins à l’effigie des bibliothécaires. Ils ont ensuite écrit des gros mots sur la banque de prêt puis se sont attaqués aux collections hors les murs, à savoir les espaces verts, fauchant les mauvaises herbes comme s’il s’agissait de simples mauvaises herbes.

Puis la révolte est devenu incontrôlable, et c’est tout le monde universitaire qui a été l’objet de leur courroux. Voitures brûlées, barricades dressées à l’entrée du campus, restaurant universitaire dévalisé. La sécurité du campus a vite battu en retraite devant l’ampleur des événements : « Je n’avais jamais vu ça, a déclaré Michel Davids, responsable de la sécurité du campus d’Alberonne. Et pourtant j’ai fait 15 ans de légion, le Kosovo et l’Afghanistan ». Les CRS puis l’armée ont été appelés à la rescousse, mais ils ont dû faire face à un problème : Téophile leur avait donné des pouvoirs sans limite. Clélia ne connaissait pas la peur, Sven ne craignait pas les balles et Béatrice pas le feu. Après des tentatives en tout genre, le GIGN est finalement parvenu à maîtriser les contrevenants en ayant l’idée de créer des personas encore plus puissants, mais tous atteints d’une maladie rare les faisant mourir au bout de 24 heures. Ils sont ainsi parvenus à maîtriser les personas révoltés, qui avaient pourtant essayer de les amadouer : « Ne tirez par sur vos frères, libérez-vous de vos chaînes ! » auraient-ils crié selon des témoins.

Alors qu’on l’emmenait au tribunal d’Alberonne en comparution immédiate, Béatrice Ballerine a déclaré à un journaliste de la Gazette d’Alberonne : « Les bibliothécaires ont fait de nous des clichés sociologiques, nous prêtant des compétences et caractères issus de leur imagination. Aujourd’hui nous avons repris les choses en main et envoyé un signal fort à l’ensemble du monde professionnel : nous ne sommes plus des feuilles de papier, nous sommes humains ». Une question qui devrait être tranchée par les jurés.

Arthur, comme l’ensemble des étudiants présents sur le campus ce jour-là, essaie d’oublier ces scènes de violences qui n’en finissent plus de hanter ses nuits. Il prévoit de partir en Erasmus en Afrique pour se ressourcer. M. Saba, président de l’UBU, a quant à lui demandé à ses bibliothécaires de faire preuve de «pondération et clairvoyance dans le choix des méthodes innovantes qu’ils expérimentent. Certaines découvertes peuvent aussi être dangereuses pour l’humanité ».

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