Témoignage : deux bibliothécaires de l’UBU au bal de l’École nationale des Papiers

Tout commence un lundi, vers 16h30. Mme Josie, conservatrice au Département du Patrimoine et des Collections Fragiles de l’Ubu, profite d’une formation de six mois à la BFn ( Bibliothèque Française nationale) avec son équipe pour retrouver ses anciens amis de l’école des Papiers, les bien-nommés papistes. Ceux-ci la convainquent de participer au bal de leur ancienne école, en souvenir du bon vieux temps.

Ne tenant pas à y aller seule, elle menace l’une de ses collègues, Corentine, bibliothécaire assistante très spécialisée, afin que celle-ci l’accompagne comme cavalière. Le bal se tenant à l’Auberge des Valides, à Paris, c’est là que nous avons retrouvé ces deux femmes, prostrées dans un coin, serrant chacune une bouteille de champagne dans leurs mains et refusant de s’en séparer. Au milieu des robes bouffantes (« sans culotte en-dessous » comme nous l’ont certifié bon nombre de jeunes femmes), leurs tenues tranchent : si l’une est en jean, l’autre est déguisée en fée.

« Je n’ai pas compris ce qui m’arrivait, témoigne Mme Josie. Des archivistes m’ont prise par la main, et m’ont entraînée danser la queue leu leu. Je ne sais pas si je pourrai me remettre du contact physique avec eux : ils ne sont même pas bibliothécaires ! »

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Chacun sa cavalière, le bal va commencer

Corentine, elle, reproche à sa supérieure un changement de personnalité au contact des papistes, qu’elle avait sans doute refoulé depuis son arrivée à l’Ubu. « A un moment donné, elle a entendu une musique. Elle s’est levée, le regard vitreux, et s’est dirigée vers la piste de danse, comme un robot. Et là ce fut le drame : elle s’est mise à chanter sur du Céline Dion ! Je ne la reconnais plus », nous confie-t-elle. « Elle s’est même mise à danser en s’admirant devant un miroir ! Mais ce qui m’a le plus choquée, c’est quand elle s’est approchée du Kolonel de l’Armée qui surveillait la salle, pour lui mettre une main aux fesses, signant par là même la fin de la vente de boissons non-alcoolisées, et donc la fin de la soirée. Les encadrants ne souhaitaient pas d’autres débordements de ce type liés à une trop grande sobriété des invités. »

Des propos à  nuancer, des sources non anonymes nous signalant que Corentine a été aperçue sur la piste de danse, en train de faire un rock endiablé avec un innovinformathécaire – un bibliothécaire informaticien spécialiste de l’innovation – barbu et chevelu. Aurait-elle aussi été contaminée par ce que l’on appelle dans le milieu l’esprit papiste ? Une possibilité à ne pas écarter.

Le Service Commun de la Documentation de l’Université des Beaux Ubacs prenant très à cœur la santé psychique de son personnel, un jet privé a été affrété par Mme Chanssignon pour ramener les deux femmes sur le campus des Alpes Atlantiques. C’est là qu’elles ont fini par se confier, l’air penaud. Alors que Mme Josie nous indique qu’elle a en fait passé une très bonne soirée, Corentine corrobore et ajoute « j’ai trouvé que les papistes sont des personnes normales, parfois même sympathiques. C’est le plus gros choc de la soirée pour moi. »

 

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