Les expressions « au jour d’aujourd’hui », « belle journée », « du coup » et « voire même » vont être interdites dans les bibliothèques françaises

L’AFB (Association Française des Bibliothécaires) s’est réunie ce matin en comité extraordinaire pour encadrer enfin l’usage galopant d’un certain nombre d’expressions dangereuses. Depuis quelques années, les « au jour d’aujourd’hui », « voire même », « du coup » et « je vous souhaite une belle journée » parasitent nos échanges professionnels, oraux ou écrits. Ils feront désormais l’objet de procédures disciplinaires lourdes : révocation pour nos agents et exclusion permanente pour nos utilisateurs. Une mesure salvatrice attendue par toute une profession.

« Ça devient juste intolérable d’entendre continuellement des choses pareilles » martèle avec force Mme Chanssignon, notre directrice. « Il ne se passe pas un jour sans qu’un agent ne me revienne de son heure de service public les oreilles en sang. Ce n’est juste plus possible, vous voyez ce que je veux dire ? » interroge-t-elle.

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A chaque fois que vous dites « du coup », un enfant pleure dans le monde

Jusqu’alors les bibliothécaires devaient faire face à ces attentats répétés contre la langue française avec les moyens du bord. Mme Aussade nous explique ainsi qu’au premier message reçu s’achevant par « belle journée », elle supprimait ladite personne de ses contacts et brûlait son téléphone de peur qu’il ne contamine les autres. « Cette expression n’a juste aucun sens » s’exclame-t-elle. « Je comprends ce que signifie une bonne journée. Mais que vient faire la beauté là-dedans ? Est-ce qu’on souhaite un bel appétit ou un bel anniversaire  à quelqu’un ? » questionne-t-elle.

L’UBU avait déjà sévèrement encadré l’usage de « du coup » lorsqu’il entend donner l’illusion d’un enchaînement logique à un propos qui ne l’est en rien. Elle ne l’autorisait que le samedi après-midi, de 18 à 19h, consciente que la fatigue des fins de semaine pouvait expliquer un certain relâchement du vocabulaire chez ses agents.

Concernant les détestables « au jour d’aujourd’hui » et « voire même », les bibliothèques de l’UBU animent depuis deux ans une formation de deux fois deux heures, obligatoire pour ses étudiants de première année, afin de leur expliquer pourquoi, powerpoint à l’appui, ces deux expressions sont des plus redondantes. Peine perdue, la majeur partie d’entre eux continuent à l’employer.

Le bibliothécaire heureux pourra désormais s’appuyer sur une législation enfin à niveau, pour réagir vite et efficacement en cas d’attaque verbale. Le redoutable « bien cordialement », quant à lui, fait aujourd’hui l’objet d’un moratoire. Il est à ce point utilisé, que si l’ont devait lui appliquer les mêmes mesures que celles évoquées plus haut, neuf fonctionnaires sur dix seraient immédiatement révoqués.

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8 commentaires sur “Les expressions « au jour d’aujourd’hui », « belle journée », « du coup » et « voire même » vont être interdites dans les bibliothèques françaises

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  1. C’est juste un phénomène sociétal insupportable : au jour d’aujourd’hui, les gens ne savent plus parler… Mais du coup, est-ce que l’exclusion pure et simple des usagers n’est pas une façon de contourner le problème, voire même de l’aggraver en les privant d’une formation qui pouvait les impacter, même partiellement ?
    Merci pour cet article juste édifiant, et belle journée à vous.

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  2. De par ma chandelle verte ! La loi de Skitt*, certes, est dure, mais c’est la loi*. Même pour des bibliothécaires se piquant de déjouer les « attentats » fomentés contre notre belle langue françoyse !

    Morceaux (de roi) choisis :

    « Peine perdue, la majeur partie d’entre eux continuent à l’employer. » [Un bibliothécaire ne doigt pas dire ça, et encore moins l’écrire. Comme dirait le Canard, l’auteur de cette bourde majeure sera mis à l’index.]

    « si l’ont devait lui appliquer les mêmes mesures » [On n’oserait quand même pas ?…]

    Et comme il n’est si bonne compagnie qui ne se quitte…

    Serviteur

    *Ladite loi s’énonce comme suit : « Tout post corrigeant une erreur dans un autre post va contenir au moins une erreur lui-même ». Elle est en quelque sorte la caution théorique de l’ubuesque et indémodable gag de l’arroseur arrosé, brillante invention du siècle des Lumière.

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