[Publication] François Martinet, « L’empathie pour les équipes : le grand mal du management en bibliothèque »

C’est un « manifeste pour un management du XXIème siècle » que publie François Martinet, enseignant-chercheur à la Faculté de Management des Beaux Ubacs. Après avoir écrit sur les sanctions administratives corporelles dans les administrations d’Europe de l’Est, l’auteur s’est intéressé aux relations interpersonnelles au sein des bibliothèques françaises. Son constat est sans appel : la compassion des cadres pour leurs agents nuit gravement à la qualité du service public.

« L’empathie pour les équipes n’est que la traduction d’un amour refoulé pour les publics », explique François Martinet. « Il faut intégrer cette idée simple : chaque dose d’amour dépensée par le manager pour ses équipes est une dose d’amour perdue pour l’usager. […] A l’heure de l’hyperconnection numérique, le manager doit savoir prioriser ses dépenses d’affection. Notre devoir est d’accueillir le public, tout le public, rien que le public. C’est à lui que nous devons tout notre amour. […] L’agent non-cadre est comme un parasite se greffant sur le corps du manager public puis lui sucer tout son amour, et ne rien laisser à l’usager. »

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Comment faire évoluer les pratiques ? L’auteur s’inspire de ses travaux passés et prône « un retour de la sanction corporelle pour les agents du service public ». Cette décision remplirait deux objectifs : d’abord, défouler le manager, donc lui permettre de « [se] remplir d’amour pour l’usager, par rétroaction mécanique ». Ensuite, « ce serait un moyen de répondre à l’attente des citoyens, pour lesquels le fonctionnaire est devenu un bouc-émissaire évident », et in fine « de recréer du collectif ». Ces sanctions corporelles seraient donc nécessairement publiques. « Comme on allait en Grève voir châtier le manant, on ira en bibliothèque […] assister à la flagellation des agents les plus récalcitrants au changement, ou ceux dont le rendement semblerait insatisfaisant. Il nous faut un pilori dans chaque bibliothèque. […] Ainsi seulement, les Français retrouveront un véritable esprit de fraternité, et les bibliothèques leur place au cœur de la Cité. »

Un livre radical, dérangeant, révolutionnaire, qui ne manquera pas de trouver un écho profond dans toute la profession.

François Martinet, L’empathie pour les équipes : le grand mal du management en bibliothèque. Alberonne : Presses de l’UBU, 2017. 224 pages. 27€

2 commentaires sur “[Publication] François Martinet, « L’empathie pour les équipes : le grand mal du management en bibliothèque »

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  1. Courageuse prise de position, mais ne pourrait-on aller plus loin ? Organiser des ateliers-sanctions co-construits avec les usagers, où ceux-ci seraient véritablement acteurs de l’animation proposée et non plus simple spectateurs, permettrait la création d’un lien fort entre le cadre de bibliothèque et le public pour lequel il oeuvre. Les sujets d’Ancien Régime jetaient des légumes pourris aux condamnés : pourquoi le citoyen du XXIe siècle serait-il moins bien loti ?

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  2. Bonjour,
    Votre remarque intéressera certainement M. Martinet.
    Mme Batilier, responsable du restaurant administratif, pourrait être également intéressée. Enfin un débouché plus noble que la benne pour ses fruits et légumes périmés !
    Merci pour votre sagacité et vive la participation systématisée en bibliothèque !
    A votre service,
    Les bibliothécaires de l’UBU

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